Pôle missionnaire du Val Maubuée

Eglise Catholique

 Action des chrétiens pour l'abolition de la Torture


Appel de mai : J'agis pour Adrian, Adriel et leurs familles

Mexique

 

Voilà 6 ans et demi qu’Adrián et Adriel ont été enlevés par des policiers en civil de l’État de Chihuahua. Cependant les autorités n’ont jamais reconnu leur arrestation et n’ont ensuite mené qu’une parodie d’enquête. Laissés pour compte, les parents d’Adrián ont dû enquêter et mener les recherches, par leurs propres moyens : en fouillant les terrains vagues aux mains de cartels extrêmement dangereux, en visitant les hôpitaux, en épluchant les registres publics, en rencontrant des agents du ministère public et en se rendant une fois par mois dans les services de médecine légale, afin de vérifier que leurs disparus ne se trouvent pas parmi les nouveaux cadavres. Dans cette épreuve, María (Prix Engel-Dutertre 2018 de la Fondation ACAT) et son mari, Manuel Favela, ont su trouver de solides soutiens tels que l’ONG locale, Centre des droits humains Paso del Norte, partenaire de l’ACAT. Après des années de lutte acharnée, ils ont enfin obtenu que la qualification de « disparition forcée » soit reconnue par les autorités, et que l’enquête soit reprise par les Affaires internes du ministère public, le 25 janvier 2019. Une première victoire, mais rien n’est joué, d’autant que selon María « c’est une sérieuse augmentation du risque, car l’affaire passe au niveau supérieur et les noms des responsables présumés vont commencer à circuler ».

 

Les disparitions forcées : un fléau mexicain

 

Le Mexique souffre encore de la guerre contre la drogue initiée par l’ancien président, Felipe Calderón, en 2006 poursuivie jusque fin 2018 par Enrique Peña Nieto. Entre 2006 et le début de l’année 2019, 40 180 disparitions forcées ont été recensées. Collusion entre criminels et agents de l’État oblige, seules 2 familles sur 10 portent plainte suite à la disparition forcée d’un proche, car elles ont peur pour leur sécurité. En plus de la torture que les familles des disparus endurent, elles subissent le discrédit des autorités qui, comme pour justifier leur inaction, accusent régulièrement les personnes disparues d’avoir été en lien avec le crime organisé. S’il a déjà pris des mesures dans la célèbre affaire des disparus d’Ayotzinapa, Andrés Manuel López Obrador (AMLO), nouveau président depuis le 1er décembre 2018, doit à présent contribuer à faire la lumière sur toutes les disparitions et à mettre un terme à la commission massive de ce crime dans le pays.

 

Plus que jamais, soutenons María et Manuel dans leur quête de vérité et de justice.


 

Ci-dessous lettre à envoyer pour soutenir Maria et Manuel

Madame la Directrice,

Adrián Favela Márquez et Adriel Ávila Barrios ont été arrêtés arbitrairement par des policiers de Chihuahua en octobre 2012. Depuis lors, ils n'ont jamais réapparu, et leurs familles et avocats sont régulièrement menacés.

Le 25 janvier 2019 la « disparition forcée » a enfin été reconnue et l’affaire adressée à vos services. Néanmoins, la famille et les avocats attendent encore que vous mettiez en place le groupe de travail destiné à les consulter et à les informer sur l’enquête, les recherches et les dispositions prises pour leur protection.

Ainsi, je vous demande de mettre immédiatement en place ce groupe de travail et de veiller à la tenue de rencontres fréquentes avec la famille et les avocats.

Dans cette attente, je vous prie de croire, Madame la Directrice, en l’expression de ma respectueuse considération.

Licenciada Erika Judith Jasso Carrasco (o sucesor/a)
Dirección Estatal de Control Inspección Interna
Fiscalía Especializada en Control, Análisis y Evaluación
Avenida Paseo Bolívar 704, Zona Centro
31000 Chihuahua, Chih.
MEXIQUE

 



 

L’ACAT est une ONG chrétienne de défense des droits de l’homme créée en 1974. Association loi 1901, elle est reconnue d'utilité publique et d'éducation populaire. 

 L’ACAT combat la torture et défend l’abolition de la peine de mort, ainsi que le droit d’asile partout dans le monde, sans distinction idéologique, ethnique ou religieuse. 

Comme chrétiens, nous refusons la pratique de la torture et agissons pour son abolition, en accord avec l’article 5 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 : Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

 Les trois piliers de l’ACAT : agir, prier, être œcuménique

 Agir :

  • Envoi de lettres d’intervention aux autorités pour dénoncer la pratique de la torture ;
  • Soutien par envoi de lettres aux prisonniers victimes de la violence d’Etat et à leur famille ;
  • Sensibilisation des chrétiens au scandale de la torture ;
  • Education aux Droits de l’Homme en milieu scolaire.

 Prier :

  • Pour les personnes torturées et pour les tortionnaires, afin qu’ils retrouvent leur dignité d’homme. La « Nuit des Veilleurs » est une chaîne de prière relayée dans le monde entier à l’occasion de la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture.

 Etre œcuménique :

  • L’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture est une association œcuménique, internationale, fondée en 1974 par deux femmes protestantes.

 Action, prière et œcuménisme sont efficaces : chaque année nous mettons fin au calvaire de plus de 200 hommes, femmes et enfants

 


Site internet : https://www.acatfrance.fr

Equipe locale du Val Maubuée : Anne BAUDUCEAU (tel. 06 81 42 89 41)


 Chemin de croix à Torcy le 29 mars 2019 avec l'ACAT