Pôle missionnaire du Val Maubuée

Eglise Catholique

 Action des chrétiens pour l'abolition de la Torture


 

10 Octobre 2017 15ème journée mondiale contre la peine de mort

La Coalition mondiale contre la peine de mort dont est membre l’ACAT souhaite attirer l’attention sur les raisons pour lesquelles les personnes vivant dans la pauvreté sont plus susceptibles d’être passibles de peine de mort

La peine de mort est une violation du droit à la vie et une peine cruelle, inhumaine ou dégradante

L'ACAT agit pour l'abolition de ce châtiment barbare qui relève davantage de la vengeance individuelle que de la justice telle qu’elle devrait être rendue par la société. La peine de mort (ou peine capitale) est une sanction pénale ordonnant la suppression de la vie d’un condamné. Elle est infligée à une personne, reconnue coupable d’un crime passible de cette peine, à l’issue d’un procès organisé par une juridiction légale appartenant à un État dont la législation prévoit ce châtiment.

Il existe bien d’autres cas dans lesquels des agents d’un État prennent la vie d’une personne, mais on parlera alors d’exécution extrajudiciaire, d’exécution sommaire. Ou tout simplement d’assassinat.


 

Peine de mort aux Etats Unis - Inégalité de moyens 

Le système pénal américain fait du droit à une assistance juridique efficace une condition nécessaire à un procès équitable. Mais la réalité est loin du compte

Les accusés les plus défavorisés n'ont pas les moyens d'affronter une procédure judiciaire particulièrement coûteuse. Si la présomption d’innocence existe dans le système pénal américain, elle semble plus difficile à faire respecter pour eux.

Les procureurs, en charge de l’accusation, enquêtent uniquement pour démontrer la culpabilité de l’accusé. Ils ont pour cela des moyens illimités. Bien qu’ils ne soient pas censés dissimuler des preuves permettant de l'innocenter, dans les faits, cela reste possible et difficile à démontrer. Face à eux, les accusés les plus pauvres doivent s’en remettre à des avocats commis d'office souvent très mal payés, qui ne sont pas toujours spécialisés en droit pénal et encore moins en procès avec réquisition de peine de mort.

Emprisonné dans le couloir de la mort du Texas depuis quatorze ans et participant du programme de correspondance avec des condamnés de l'ACAT, Robert Roberson est de ceux-là.

Il est accusé d'avoir tué sa fille, Nikki, en la secouant violemment. Robert Roberson a affirmé durant son procès que Nikki était tombée de son lit en pleine nuit, et qu'il l'avait recouchée après avoir constaté qu'elle allait bien. Ce n'est que le matin qu'il s'était rendu compte que le bébé ne respirait plus. Lors de son procès en 2003, l’accusation avait présenté une expertise médico-légale l’accusant d’avoir secoué, et donc tué, son enfant. Robert Roberson n’avait alors pas eu les moyens de se payer une contre-expertise éventuelle. Ce n’est que treize ans plus tard que quatre experts médicaux ont attesté que la théorie scientifique de l'accusation pouvait être démontée, notamment car Nikki ne présentait pas les blessures au cou que l'on retrouve habituellement sur les bébés secoués. En juin 2016, la Cour d'appel du Texas a levé l'exécution de Robert Roberson et a ordonné une nouvelle audience sur son affaire devant un Tribunal de première instance.


 

Correspondre avec un condamné à mort, un engagement réfléchi

Depuis plus de vingt ans, l’ACAT accompagne près de deux cents personnes dans leur correspondance avec des condamnés à mort.

S’opposer à la peine de mort et briser l’isolement

L’ACAT met en lien des condamnés qui en font la demande et des personnes désireuses de s’engager dans une action concrète de solidarité. Pour les prisonniers, les lettres reçues sont « des bouffées d’oxygène et une fenêtre sur l’extérieur » témoigne une correspondante. Au-delà d’un précieux soutien moral, la correspondance leur redonne souvent le courage de poursuivre les procédures judiciaires pour faire appel de leur condamnation. Pour les correspondants, écrire c’est « apporter de l’amour, de la joie et du temps à une personne enfermée » et c’est tisser des « liens forts » dans la construction « d’une relation sur le long-terme et d’une belle amitié ».

Lutter contre la déshumanisation des détenus

Les États-Unis figurent encore sur la courte liste des démocraties qui pratiquent la peine de mort. En 2016, trente détenus ont été condamnés à mort et vingt détenus ont été exécutés. Bien que ces chiffres soient en constante baisse, environ 3 000 personnes attendent toujours la date de leur exécution dans les sinistres couloirs de la mort. Les conditions de détention y demeurent particulièrement inhumaines. Une grande partie des condamnés sont enfermés 23 heures sur 24 dans leur cellule de moins de 5 m2, ne peuvent interagir avec leurs codétenus et pour certains sont privés de tout contact physique y compris lors des visites de leurs proches. 

Aucune compétence particulière n’est requise pour correspondre avec un condamné à mort, hormis que les échanges se font en anglais ou en espagnol et à raison d’au moins une lettre par mois. Mais si la correspondance représente une expérience humaine riche, elle est aussi une grande responsabilité. Elle implique un engagement de longue durée vis-à-vis d’une personne pour qui les courriers représentent souvent l’unique lien avec l’extérieur. Il faut être conscient que les échanges écrits peuvent se conclure par l’exécution du détenu avec lequel se sont noués des liens affectifs forts.

Lien video témoignages :   https://youtu.be/T38G8iueUdo


 

 

Prière :Pour sauver de la mort des étincelles de vie
Tu les vois, Seigneur, ces condamnés à mort 
criblés de balles ou assis sur la chaise électrique. 
On tue parfois des innocents. 
On assassine des fils d’homme. 
On déchiquette l’espérance en leur refusant justice et pardon.
  
Tu vois, Seigneur, ces bourreaux 
qui tuent par haine, par vengeance ou par métier 
Père, pardonne-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font. 
A chaque condamnation à mort, l’amour s’évanouit quelque part. 
A chaque exécution, la terre rétrécit d’un être humain. 
Père, pardonne-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font.
  
Toi qui ne briseras pas le roseau ployé, 
qui n’éteindra pas la mèche qui s’étiole, 
sauve ces visages abandonnés par la vie, 
sauve ceux qui réclament la mort, 
ceux qui l’ordonnent et l’exécutent.
  
A forces d’étincelles d’amour, 
nous abattrons les murs de la haine. 
A force d’étincelles d’humilité, 
nous canaliserons nos instincts meurtriers. 
A force de compassion, 
nous sauverons la vie de la mort.
  
                        M TH Bouchardy

 



 

L’ACAT est une ONG chrétienne de défense des droits de l’homme créée en 1974. Association loi 1901, elle est reconnue d'utilité publique et d'éducation populaire. 

 L’ACAT combat la torture et défend l’abolition de la peine de mort, ainsi que le droit d’asile partout dans le monde, sans distinction idéologique, ethnique ou religieuse. 

Comme chrétiens, nous refusons la pratique de la torture et agissons pour son abolition, en accord avec l’article 5 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 : Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

 Les trois piliers de l’ACAT : agir, prier, être œcuménique

 Agir :

  • Envoi de lettres d’intervention aux autorités pour dénoncer la pratique de la torture ;
  • Soutien par envoi de lettres aux prisonniers victimes de la violence d’Etat et à leur famille ;
  • Sensibilisation des chrétiens au scandale de la torture ;
  • Education aux Droits de l’Homme en milieu scolaire.

 Prier :

  • Pour les personnes torturées et pour les tortionnaires, afin qu’ils retrouvent leur dignité d’homme. La « Nuit des Veilleurs » est une chaîne de prière relayée dans le monde entier à l’occasion de la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture.

 Etre œcuménique :

  • L’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture est une association œcuménique, internationale, fondée en 1974 par deux femmes protestantes.

 Action, prière et œcuménisme sont efficaces : chaque année nous mettons fin au calvaire de plus de 200 hommes, femmes et enfants

 


Responsable : Anne Bauduceau

Téléphone : 06 81 42 89 41