Pôle missionnaire du Val Maubuée

Eglise Catholique

Wednesday 13 December 2017 - Saint Lucie


 
 

La Vie du Pôle


Marché de Noël du 25-26 novembre 2017 - Diaporama
Stand CCFD
Marché de Noël 25-26 novembre 2017
Questionnaires et cadeaux
Marché de Noël 25-26 novembre 2017
Stand ACAT
Marché de Noël 25-26 novembre 2017
Stand ACAT
Stand bijoux
Marché de Noël 25-26 novembre 2017
Stand aumônerie et 18-30 ans
Marché de Noël 25-26 novembre 2017
Stand de l'association Sre Ambel
Marché de Noël 25-26 novembre 2017
Stand confitures et linges brodés
Marché de Noël 25-26 novembre 2017
Stand secours catholique
Marché de Noël 25-26 novembre 2017
Stand secours catholique
Marché de Noël 25-26 Noël 2017
Crèche vivante de l'aumônerie
Marché de Noël 25-26 novembre 2017
Crèche vivante de l'aumônerie
Marché de Noël 25-26 novembre 2017
Crèche vivante de l'aumônerie
Marché de Noël 25-26 novembre 2017
Crèche vivante de l'aumônerie
Marché de Noël 25-26 novembre 2017
Crèche vivante de l'aumônerie
Marché de Noël 25-26 novembre 2017
Crèche vivante de l'aumônerie
Marché de Noël 25-26 novembre 2017
Marché de Noël 25-26 novembre 2017
 

Pourquoi et comment célèbre-t-on Noël en République Démocratique du Congo ?

 

 

        Noël est une fête qui rappelle la naissance de notre Seigneur Jésus-Christ. Dans cette perspective, des messes solennelles sont célébrées dans l’Eglise universelle pour commémorer le mystère de l’Incarnation. Bien que le motif de la fête de Noël soit commun, la manière de le vivre, de le préparer, diffère. En effet, au Congo, certains événements marquant les différentes périodes et étapes de la vie ont influencé la manière de célébrer la naissance de Jésus. Certaines valeurs culturelles ont favorisé une précompréhension du mystère de l’Incarnation. Il s’agit de la venue d’un nouveau-né, sa présentation aux membres du clan et aux voisins, sa circoncision (pour les garçons), le fait de lui donner un nom, le changement du statut des personnes (surtout la mère) qui viennent désormais parents.

 

Les choeurs de l'armée russe chantent Noël - (cliquez pour info)
mercredi 13 décembre , 20:00 - , Cathédrale de Meaux

La Maîtrise Sainte Marie de Meaux - concert de Noël (cliquez pour info)
vendredi 15 décembre , 19:00 - , Cathédrale de Meaux

Pièce de Théâtre "Pierre et Mohamed" - (cliquez pour info)
vendredi 15 décembre , 20:30 - , Grisy-Suisnes

Vente de livres religieux après la messe
samedi 16 décembre , 19:30 - , Eglise de Torcy

ACAT - Prière de l'Avent pour Rached Jaidane (cliquez pour info)
dimanche 17 décembre , 08:00 - 17:00,

Vente de livres religieux après la messe
dimanche 17 décembre , 12:00 - , Eglise de Torcy

        La grossesse est un mystère à dévoiler progressivement. L’arrivée d’un bébé est une bénédiction par excellence. L’enfant est un signe de richesse et de force pour les parents et pour toute la famille. C’est la Divinité qui donne l’enfant. C’est un signe que les ancêtres sont bienveillants avec les vivants car ils veulent perpétuer la vie en envoyant des nouveaux membres. L’arrivée d’un nouveau-né est célébrée par tout le clan et les voisins. Ceux-ci accueillent la mère et son enfant par des chants, des danses, des présents et le repas partagé. C’est un rite d’accueil pour le bébé et une manière de féliciter la mère et surtout de l’encourager à faire d’autres enfants pour la survie du genre humain.
 
        Le nouveau-né reste « caché » dans la maison familiale jusqu’au 7 ème  jour (le nombre de jours dépend de chaque tribu parmi les 450 qu’on trouve au Congo). Ce retrait prépare la présentation officielle du bébé aux membres du clan et aux voisins. C’est ce jour-là que le père dévoile le nom du nouveau-né qui « subit » la première petite coupe des cheveux. Le nom est tout un programme de la vie : « la personne est son nom ». Désormais, on ne peut plus appeler les parents par leurs prénoms car ils sont devenus le père de…et la mère de…L’enfant porte le nom de son père qui le lie à une lignée. Il est fils de…
 
        Ces éléments culturels ont permis aux Congolais de comprendre l’Annonciation, la Nativité, la Visite des rois mages, la Présentation de Jésus au temple ainsi que toute la solennité du mystère de l’Incarnation. Ils ont aussi compris que Jésus est l’un d’eux étant donné qu’Il est Fils de…Il est lié à une lignée (celle de David). Ce fond culturel, considéré par certains théologiens africains comme l’antécédence de Dieu par rapport à l’évangélisation, a influencé la manière de préparer et célébrer la naissance de Jésus. L’œuvre de la Mission jésuite au Congo et en Afrique centrale (à partir de 1548), l’évangélisation de l’ « Etat indépendant du Congo » en 1893 par les six jésuites Belges, l’évangélisation du diocèse de Bukavu par les Pères Blancs à partir de 1906 vont rencontrer l’aspect mystérieux et solennel de toute naissance.
 
         Noël est une fête par excellence. C’est toute la communauté paroissiale qui est engagée à donner un cachet tout particulier à cette Fête.  Chaque communauté (famille, communauté ecclésiale vivante, secteur, paroisse) s’organise selon ses propres moyens et capacité de ses membres. Durant le temps de l'Avent, et durant  deux semaines, les prêtres vont rencontrer les paroissiens dans leurs secteurs pour les confessions (de 8 h à 18h). C’est un moment de grandes fatigues pour les prêtres car les confessions sont longues et leur rôle est multiple (sacrement du pardon, mais rôle d'éducateur, d'assistant social, de médiateur....). Les réunions de préparation sont organisées pendant tout le mois de décembre. On prépare les lectures, les chants et la danse. On repeint certains locaux à la paroisse. On fabrique des crèches à partir des plantes de la région : le cyprès (surtout), les grandes feuilles vertes des palmiers. Il y a une répétition générale pour tous les intervenants de la messe de la nuit et du jour de Noël. Nous avons gardé une tradition de célébrer la messe à minuit. La nuit est le temps du dévoilement des mystères… Les paroissiens, - certains marchent 1 ou 2 heures - ,  s’installent à l’Eglise une heure avant le début de la messe pour avoir des places assises. Presque tout le monde porte des nouveaux habits. Les enfants tiennent à cette habitude. La messe est célébrée avec une joie indescriptible. Après la messe, la danse continue sur la place de l’Eglise. Les paroissiens rentrent en petits groupes aux pas de danse en chantant la joie de Noël.
 
        Malgré la pauvreté économique dans certaines régions, dont le Sud – Kivu (Bukavu) où j’ai grandi, les enfants sont mis en évidence en famille. Les parents vont sacrifier un peu d’argent pour acheter des habits neufs (signe de respect quand on reçoit un invité de marque). Ceux qui en ont la possibilité peuvent offrir à leurs enfants les objets classiques mais simples et utiles comme des livres, des crayons…
 
        On mange les plats préférés de la région : les viandes (vache, chèvre, porc, agneau, poulet …), les poissons, le lait caillé…c'est un moment propice pour la solidarité et le partage. Les groupes de prières, - environ 20 présents dans chaque paroisse (charismatique, Légion de Marie, le Mouvement sacerdotale Marial, les Scouts …) - cotisent de l’argent, rassemblent des vivres et non vivres en vue d’aider dans des prisons, centres pour handicapés, orphelinats…Toutes les activités sont en rapport avec l’Enfant Jésus qui s’est fait pauvre parmi les pauvres. Ce Petit Enfant fragile né dans une crèche, qui nous rejoint dans notre humanité et notre condition d'homme et apporte la lumière et l'espérance.
 
        Nuit de rêve, nuit de chants et de danses, nuit pleine de bruits; la nuit de Noël en Afrique (Congo) est autant une fête familiale que la naissance du fils de Dieu. Noël est aussi en quelque sorte, la fête de la lumière… Car la lumière est déjà une richesse en soi, en Afrique... Il arrive que certains n’achètent qu’une seule bougie dans l’année : une bougie pour éclairer le temple, la nuit de Noël. C’est dans ces moments là, que l’on prend conscience de la valeur de la lumière. Avec une seule bougie, c’est l’obscurité qui règne dans la nuit ; mais si chacun ramène sa bougie, la lumière vient illuminer nos vies, et nos regards soudain, s’éclairent et nos visages rayonnent et sourient à la vie. Et lorsque la fête prend fin, au milieu de la nuit, certains retournent chez eux, et devront encore marcher des heures, traversant la brousse souvent pieds nus, avec pour seules armes, une lampe tempête et des bâtons de pèlerins qui peuvent être utilisés pour se défendre des animaux ou pour lutter contre la végétation envahissante. D’autres plus économiquement pauvres, devront se laisser guider par la lune ou la nature environnante, et mettre à l’épreuve leur foi en bravant tout danger et risque qui pourrait se présenter devant leur chemin...
 
        L'importance est donnée au rassemblement, à l'accueil et la célébration de la nativité...
 
       L’histoire du Père Noël, la distribution des cadeaux aux enfants, les sapins en plastique existent dans des grandes villes. La télévision, les voyages des populations ont contribué à ces emprunts culturels. 
 
Paul Bulyalugo